L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
16 octobre 2007

Depuis quelques semaines, des pêcheurs “traditionnels” demandent la remise en cause de la création de la Réserve Marine. La Réserve Nationale Marine a été créée en février 2007. Ce n’est pas un acte posé avec légèreté ou précipitation. Cette création est le fruit de longues années de préparation, de sensibilisation, de concertation et d’information. Les contours et les réglementations de cette Réserve sont un compromis élaboré localement avec les différents utilisateurs du milieu, les décideurs locaux et les scientifiques ; soit au total plus de 200 réunions pendant un peu plus de trois ans. Le comité de pilotage du projet comportait, entre autres, des représentants des collectivités et des communes concernées, les représentants des pêcheurs (pêche professionnelle, pêche de loisirs “traditionnelle”, pêche de loisirs sous-marine...). Le projet soumis à la validation du comité de pilotage en 2003 contenait des dispositions spécifiques pour chaque type de pêche ainsi que pour toutes les autres activités. Le projet, porté à la connaissance de tous, a été validé en 2003 par le comité de pilotage. Alors, tous satisfaits ? Aucun des participants au projet n’a eu 100% de ses demandes satisfaites, et certains maires du Sud ont même choisi de sortir leur commune du projet. Tous les participants au projet ont accepté des concessions et des compromis en définissant le zonage et la réglementation qui font l’objet du décret ministériel de février 2007. La mer est le bien de tous, aussi, sa gestion a donné la priorité à l’intérêt général, à la pérennité des ressources qui est indispensable au maintien des activités humaines et à la sécurité. Chaque activité a été examinée selon ces critères : le maintien, la réglementation ou l’interdiction des activités se sont alors imposées. Prenons quelques exemples. La pêche à la ligne à pied est interdite au bord du lagon, elle est autorisée à partir des côtes rocheuses. La pêche sous-marine est interdite dans le lagon. Pourquoi ? Au bord du lagon, c’est l’activité pratiquée par le plus grand nombre qui a été priorisée : il s’agit des sorties familiales et de la baignade. La sécurité de nos bambins est incompatible avec les hameçons et fusils sous-marin. Comment ne pas comprendre cela ? Par ailleurs, le lagon est aussi une zone de nursery pour les jeunes poissons à même de renouveler la ressource : comment ne pas comprendre qu’il faut protéger son capital pour en avoir les dividendes ? Les zones de protection intégrale où toutes les activités sont interdites sont situées au-delà des zones de baignade et s’adossent à la barrière de corail, elles contiennent des zones où il y a beaucoup de coraux : platiers et pentes externes. Pourquoi ? Ces zones sont les derniers “viviers” du lagon, c’est à partir de ces zones que la vie aquatique se multipliera au fil des ans et envahira petit à petit toutes les zones alentour. En dessous d’une certaine taille, ces zones n’ont plus d’efficacité et il devient alors inutile de créer une Réserve marine. Toutes ensemble, ces zones ne couvrent que 1,97 km 2 (moins de 6% de la surface totale de la Réserve). Piétiner ces zones, intentionnellement ou non, à la palme, au pied, à la botte, à la planche ou à fond d’engin flottant, c’est décider de tuer l’avenir du lagon. Comment ne pas comprendre cela ? Alors, la pêche est-elle sacrifiée ? 70% de la superficie de la Réserve est ouverte aux différentes sortes de pêches professionnelles et de loisir. Comme ailleurs en mer, la pêche dans la Réserve est une activité réglementée. Comme ailleurs dans le monde, seule la création de la Réserve qui renforce la protection des zones coralliennes peut stopper la baisse des stocks et repeupler les zones de pêche : c’est ce qu’on appelle l’effet réserve. Aussi, le pari a été pris de réserver des zones dans la Réserve Naturelle Marine... à la pêche professionnelle contrôlée. Alors, la pêche traditionnelle est-elle sacrifiée ? Comme cela a été validé par le comité de pilotage, comme cela est inscrit dans le décret de février 2007, des arrêtés préfectoraux définiront et réglementeront cette activité dans la Réserve et même dans les lagons : zone, période, engins autorisés, etc... Pourquoi des arrêtés préfectoraux et pas le décret de création de la Réserve ? Il s’agit de garder la capacité de s’adapter localement à l’évolution de la ressource. L’une des fonctions de la Réserve étant de suivre scientifiquement l’état du lagon y compris coraux et poissons, puis de définir un plan de gestion, en particulier d’autoriser plus ou moins de pêche. Cela s’appelle une gestion durable de la pêche, cela se pratique avec succès dans les Terres Australes et Antarctiques françaises.
La Réserve Naturelle Marine fait 35 km2 et concerne 20 km de côte. 70% de la superficie de la réserve est ouverte à une pêche réglementée. En tenant compte de cela, on peut calculer que la Réserve soustraira à la pêche 2,5% de l’ensemble du littoral réunionnais. Autrement dit, les pêcheurs peuvent exercer leur activité sur 97,5% du littoral dont 30% des zones coralliennes. Cela se passe de commentaire.
Associations SREPEN et Vie Océane
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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Messages
20 février 2008, 19:39, par un pêcheur traditionnel pays
le projet de réserve marine manque de concertation à la base car les pécheurs traditionnels à la lignes hors lagon se voient pénaliser par l’interdiction de la pêche la nuit. Or combien de personnes pêchent la nuit car ils n’ont pas d’autres possibilités de le faire soit pour des questions professionnelles ou familliales. Bref, le problème se posera lorsque les gardes marins feront les rondes. Ces gens qui n’ont que ce hobbie se verront au pied du mur et ils revendiqueront car ils n’ont pas été consulté à la base dans le projet. Pour moi, il faut assouplir les horaires de pêches traditionnelles à la ligne car ce ne sont pas ces pauvres pêcheurs qui puisent la mer bien au contraire ce sont eux qu’ils faut prôner car c’est une pêche douce et non destructive. Le problème de destruction a été mal évaluer à la base. Depuis c’est arrété, on voit de plus en plus la création d’associations pour revendiquer se projet dû à un manque de concertation. Alors, Messieurs, votre travail ne fait que commencer ?
19 mars 2008, 08:34, par Tita
Réponse à l’article de la SREPEN et Vie Océane du 16 octobre 07.
Je suis d’accord sur le principe d’une réserve marine, mais pas telle qu’elle est définie aujourd’hui. La protection des lagons, l’intérêt général sont des arguments forts. Protéger son capital pour en avoir les dividendes, certes. Le principe de nursery,bien.
Mais expliquez moi, alors, pourquoi, juste aux frontières de ces viviers, la pêche pour les professionnelle est autorisée. Par évidence, le poisson qui sortira de la nursery sera pêché par le professionnel. Exit, c’est par cela que la vie aquatique va se multiplier et envahira les zones alentours. Autre incohérence. Par arrêté préfectoral, on interdit la pêche au capucins sur le site de la plage de l’Etang Salé. Toutefois, toujours par arrêté préfectoral, on les oriente vers la pêche en lagon (Bassin Pirogue). Où est la logique de préservation ?
Alors, accepter que certains pêcheurs qui pratique leurs loisirs à partir des plages de sables noirs et
des côtes rocheuses puissent montrer leurs mécontentements devant des principes de préservation incohérents. Ne confonder pas non plus le pêcheur de loisirs hors lagon et braconnier du lagon, et arrêter de nous faire croire que certains pêcheurs professionnels pratique une pêche résonnée.
Le débat doit prendre une autre orientation. Je suis pour la réserve marine. Je suis même pour une extension des zones de protection intégrale. Mais aujourd’hui le débat est dans logique de préservation, qui telle qu’elle est conçue fait la part belle aux professionnels. Des accords ont été passés aux détriments de la pratique de loisirs. Un exemple, le classement en zone professionnel de la partie du "Banc" à l’Etang Salé les Bains, zone à forte fréquentation de baigneurs. La pratique professionnelle telle définie dans le décret n’est pas praticable sur cette zone ? Alors pourquoi de tel
comportement. A qui le profit ?
Je vais arrêter la mes contradictions. Mais dans le z’affair, le pêcheur gaulette qui pratique de nuit à partir des cotes rocheuses et zones sableuses" lé bien baisé", alors que là dedans, je ne voit pas trop l’intérêt général de ce type d’interdiction.
Voir en ligne : La pêche est elle sacrifiée