Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Fortes pluies et chikungunya
21 février 2006

Les maraîchers sont dans la tourmente avec les récentes intempéries. La CGPER monte au créneau et demande un plan d’aide pour la filière. Il faut également composer avec le cyclone chikungunya...
Les maraîchers sont à l’agonie, notamment ceux du Nord-Est. En janvier 2005, ils avaient déjà essuyé de fortes pluies détruisant partiellement ou totalement leurs productions. Avec les récentes intempéries, la filière est doublement pénalisée, d’autant que les aides tant promises pour janvier 2005 ne leur sont toujours pas parvenues.
"C’est une situation catastrophique, inacceptable", insiste Jean-Yves Minatchy, président de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER).
Proche des professionnels, c’est sur le terrain qu’il est allé constater l’ampleur des dégâts. Pour lui, ce ne sont pas moins de 6 ans de travail qui partent avec l’eau, les agriculteurs ayant perdu 2 cycles de production, entre janvier 2005 et février 2006. Il précise que ce sont 500 maraîchers, et encore faut-il compter les producteurs de fleurs coupées, qui subissent ces intempéries, et voient leur trésorerie partir en peau de chagrin.
Selon son syndicat, doivent être déclarés sinistrés des agriculteurs allant de La Possession jusqu’à tout l’Est, en passant par Salazie, notant pour cette dernière ville, des glissements de terrain qui contraignent les agriculteurs dans leur production.
Et Jean-Yves Minatchy d’interpeller le ministre de l’Outre-mer, François Baroin, à agir pour la filière. "Les maraîchers travaillent 24 heures sur 24, et cette situation est totalement inacceptable pour eux", déclare-t-il. Son syndicat devrait prendre rendez-vous avec les services du ministre Baroin. En effet, pour la zone Nord-Est - comprenant La Possession - il faut compter "une destruction autour de 90 à 100% de la production", notant que les coupures d’eau doivent être résolues au plus vite.
La crainte de l’intoxication
Par ailleurs, Jean-Yves Minatchy indique que "le secteur agricole doit être traité comme n’importe quel secteur économique de l’île". Les professionnels de l’agriculture sont tout autant touchés par le fléau chikungunya. Il note - et cela à cause de la mauvaise information des services en vigueur - que les clients réunionnais craignent d’acheter les produits des marchés forains, cela à cause de la campagne d’épandage d’insecticide. La démoustication crée une psychose envers les produits locaux, les Réunionnais craignant d’être intoxiqués. La CGPER constate une baisse de 30% des ventes depuis 3 semaines.
Pour autant, il faut encore compter les malades du chikungunya au sein des agriculteurs et leurs employés. "On demande que la DAF vienne sur le terrain, et que l’on provoque une réunion du comité d’expertise", déclare le président de la CGPER, qui précise qu’"en tant que ministre de l’Outre-mer, il est responsable de tous les secteurs économiques du département". La visite (express) de François Baroin risque donc d’être chargée, s’il prend à cœur de répondre à tous les partis.
"Trop, c’est trop", insiste Jean-Yves Minatchy. L’année dernière, il avait la promesse d’un soutien indéfectible aux agriculteurs locaux. Rien n’est venu. Tout reste à faire.
Bbj
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