Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
19 août 2009

On manifeste, on revendique, on négocie... et enfin on passe un accord. A partir de ce moment-là, cet accord fait force de loi.
C’est ainsi que le COSPAR (Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives réunionnaises) a obtenu une augmentation de 47 euros net pour les salaires inférieurs à 1,4 % du Smic (...) et environ 57 euros net pour les salaires compris entre 1,4 et 2 % du Smic et environ 51 euros net d’augmentation pour les salaires compris entre 2 % du Smic et le plafond de la Sécurité sociale.
L’extension est applicable à la date de parution de l’arrêté au Journal Officiel, soit le 7 août 2009. Cela concerne 100.000 salariés, dont 80.000 qui perçoivent moins de 1,4 du Smic.
Le combat de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), depuis le 7 août 2009, est devenu caduc. C’est vrai qu’il y a risque de licenciement... Personnellement, je ne pense pas. La CGPME a besoin de personnel pour honorer son carnet de commandes. Elle ne licenciera pas. C’est un plus pour les bas salaires. L’aide de l’Etat n’est-elle pas à la hauteur de cette augmentation ?
Que dit l’arrêté du 27 juillet 2009 ? En voici l’essentiel dans l’article 1 (extrait) :
« Sont rendues obligatoires, pour tous les employeurs et tous les salariés compris dans son champ d’application, sans préjudice de l’élargissement à d’autres secteurs non couverts, les dispositions du titre 1er (Rémunérations) de l’accord régional interprofessionnel du 25 mai 2009 à La Réunion ».
Pendant des semaines et des semaines, Jean-Hugues Ratenon et toute son équipe, sans oublier le rôle important des syndicalistes, ont obtenu à l’arrachée cette augmentation. La loi est la loi. Force reste à la loi. Elle s’applique à toutes les entreprises. Cet accord interprofessionnel est rendu obligatoire. A la fin du mois, le travailleur trouvera sur sa fiche de paie un plus, soit la somme de 47 euros net minimum. Cela donnera tout juste quelques kilos de riz de plus... mais c’est toujours ça de gagné.
On me reprochera toujours de parler du passé, mais sans le passé, il n’y a pas de présent ni de futur. Dans les années 1970, avec mes amis militants, syndicalistes, j’ai mené un combat acharné dans le cadre de l’UIB (Union interprofessionnelle de base) pour l’application des conventions collectives nationales à la Réunion : manifestations, grèves, signatures de protocoles d’accord.
J’ai toujours tenu ce langage : le droit doit être appliqué. Une fois qu’il l’est, il y a lieu de prêcher aux militants le devoir. L’un ne va pas sans l’autre. Mieux, il appartient aux syndicalistes d’obtenir de la part du patronat l’application de tout un volet de formation. Ce que nous avions réussi à obtenir, et…, aujourd’hui, la formation a pris une ampleur considérable. Il n’empêche que ce n’est pas encore suffisant avec plus de 80.000 illettrés à la Réunion.
Faut-il quand même regretter que celles ou ceux qui se croisent les bras, critiquent les grèves ou se rangent du côté du patronat bénéficieront aujourd’hui des 47 ou 57 euros ? Que la lutte du COSPAR leur serve de leçon pour le futur !
Marc Kichenapanaïdou
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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