Liquidation judiciaire du quotidien et des filiales du groupe de presse réunionnais

Solidarité avec les travailleurs du « JIR »

1er août 2024, par Manuel Marchal

Toutes les filiales du groupe de presse du « Journal de l’île de La Réunion » ont été liquidées hier par une décision du tribunal de commerce de Saint-Denis. Plusieurs périodes d’observation sous administration judiciaire et le licenciement de dizaines de salariés, dont la dernière vague eut lieu en avril dernier, n’ont pas permis de rendre l’entreprise viable aux yeux des magistrats. Les principales victimes de la liquidation judiciaire du « JIR » sont les 75 travailleurs des entreprises concernées par cette décision. Solidarité avec les travailleurs du « JIR ».

« C’est le cœur lourd que nous écrivons ces lignes. L’ensemble de la rédaction de Clicanoo et du JIR vous remercie pour votre fidélité et votre soutien. Depuis 34 ans, nous avons pris plaisir à vous informer » : telle est la conclusion du dernier article paru sur le site web du « Journal de l’île de La Réunion », Clicanoo.

Le tribunal de commerce a en effet prononcé ce 31 juillet la liquidation judiciaire de ce média fondé dans les années 1950. Il a survécu à un incendie dans les années 1990. La décision de justice concerne tout le groupe de presse. Outre le « JIR » et « Clicanoo », Recto Verso, Régie Espace Publicitaire et Distrib Presse OI ont été aussi liquidées.
C’est un drame pour tous les travailleurs de ces sociétés. Les difficultés financières datent de plusieurs années. Le « JIR » a ainsi bénéficié de plusieurs millions d’euros d’aides publiques de la Région Réunion. L’autre journal imprimé tous les jours, « le Quotidien » a aussi bénéficié de subventions. Il était au bord de la liquidation mais a pu trouver un repreneur. Sa situation reste fragile comme le montre l’absence de parution pendant plusieurs jours à la suite d’un différend avec son distributeur.
Le « JIR » était en redressement judiciaire depuis le 10 janvier. Plusieurs périodes d’observation sous administration judiciaire et le licenciement de dizaines de salariés, dont la dernière vague eut lieu en avril dernier, n’ont pas permis de rendre l’entreprise viable aux yeux des juges du tribunal de commerce.
Les difficultés du « Quotidien » et la liquidation du « JIR » montrent la difficulté pour le monde économique réunionnais de soutenir des médias qui leur ont été très utiles. C’est un indicateur de l’ampleur de la crise à La Réunion. Les publicités d’annonceurs privés sont moins importantes. L’apport des collectivités devient décisif pour l’équilibre avec les recettes tirées des annonces légales. Ces difficultés s’inscrivent aussi dans une remise en cause du modèle de la presse écrite. Les effectifs des générations qui ont été habituées depuis leur enfance à payer pour accéder à l’information ne cesse de diminuer chaque année. Les jeunes ont grandi avec le web. Ils sont habitués à accéder gratuitement à une masse importante d’information en provenance du monde entier. Le nombre potentiel de lecteurs de la presse papier quotidienne baisse alimentant cette crise structurelle.
Les principales victimes de la liquidation judiciaire du « JIR » sont les 75 travailleurs des entreprises concernées par cette décision. Solidarité avec les travailleurs du « JIR ».

M.M.

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